Comme Barack Obama

novembre 25, 2008

Stefano est né à Honolulu sur l’île d’Hawaï. Mais la comparaison s’arrête là parce que si leurs mères sont toutes deux américaines, le père de Stefano n’est pas kenyan, il est napolitain. Et puis Stefano ne fait pas dans la politique, il est dealer de drogue à Beverly Hills.

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Depuis qu’il a eu des soucis avec une bande de Mexicains, Stefano ne vend plus d’héroïne. Mais il fournit à peu près tout le reste, l’herbe constituant le plus gros de son commerce. En Californie, la vente de cannabis est légale en tant que traitement pharmaceutique Alors il s’est fourni de faux documents et se fait passer pour un grand malade, achetant au besoin quelques pochons dans la première pharmacie venue. Puis il revend ça vite fait à la jeunesse dorée de Los Angeles – grasse et boutonneuse, rien à voire avec les séries télé américaines.

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A Bordeaux comme ailleurs, le pitch est toujours le même.

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Les deux se pointent dans une université, s’invitent dans une conférence, bondée au possible. Ambroise descend l’amphitéâtre, se dresse sur le bureau, pendant qu’un cameraman filme la performance. D’une voix claire, autoritaire, sans aucune hésitation : « Il n’y a qu’une seule obligation. Être honnête. Vous n’avez aucune autre obligation… ». La tirade, extraite d’une pièce d’Harold Pinter, dure à peine plus d’une minute. Ambroise la conclut en buvant d’un trait un verre de champagne. Les deux filent aussitôt, indifférents aux réactions, diverses, de l’assemblée. Ils signent leur action avec quelques prospectus promotionnels, lancés nonchalamment. Dessus, aucun nom, aucun numéro, aucune adresse. Juste cette inscription : « UN POUR LA ROUTE ».

Cours pour les étudiants en pharmacie, université Victor Segalen, mardi 18 mars

Les étudiants viennent d’assister à une sorte d’happening incompréhensible, la promotion absurde d’un spectacle qui n’existe pas. Le personnage d’Ambroise est un tortionnaire, Nic « l’homme qui dirige ce pays ». « Forcément, quand je lance ça, ça accroche l’oreille. J’aurais pu jouer ce personnage froidement. J’ai choisi de le jouer snob, élégant, cynique. » Ceux qui voudront comprendre devront effectuer une recherche sur internet. Ils découvriront qu’Ambroise effectue un tour de France des universités françaises, que toutes les vidéos prises sont en ligne.

Les épisodes ne sont jamais vraiment les mêmes. Représentation après représentation, Ambroise laisse des indices, insiste sur certaines phrases de sa tirade, mime des personnages connus, façonne une sorte de puzzle dont les pièces manquantes sont éparpillées sur internet. A force de recoupement, on devine le sens profond de ces absurdes représentations.

D’un coté, l’allocution pompeuse de Nic, archétype du discours politique creux, peu soucieux du réel. De l’autre, le rire de ces étudiants, qui s’amusent d’un discours qu’ils ne comprennent pas et ne peuvent pas comprendre. Pendant quelques minutes, une allégorie de cette société spectaculaire : des marionnettes qui se passionnent pour des idéologies creuses. Dans la pièce d’Harold Pinter, (One for the road, 1984), Nic, avant d’abattre l’un de ses sujets, lance à loisir « un pour la route ! » . Expression vide de sens, qui relativise la gravité de l’acte en le réduisant à son aspect particulier. Ambroise ne fait que reprendre le concept : une fac pour la route, un discours pour la route, un mensonge pour la route. Ni vu ni connu. Et l’ensemble de cette mécanique versatile est révélé sur internet, à travers l’accumulation de séquences particulières.

Quand Ambroise aura exploité le concept dans sa totalité, il diffusera le dernier épisode d’Une fac pour la route. Celui-ci, qui justifiera tous les autres, réserve une chute inédite qui dévoile toute la signification du projet d’Ambroise. Tout est calculé, l’épisode est déjà filmé.

 

Gesticulations

mars 15, 2008

Beaux-arts, cours d’expression corporelle. Il s’agit d’imaginer un mouvement, une action, et de le répéter. L’une balance haut nos chaussures, l’autre offre des tasses de thé, plusieurs tentent de dormir. Chaque scénario dure un quart d’heure, le temps d’explorer un concept dans sa totalité.

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 Pieds

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 Dédains

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Inconnues

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Escabeau 

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Sieste

 

 

Utopies

mars 9, 2008

Saisir les Quimpérois n’est pas un mince travail. Comme à Bordeaux, les choses y sont murmurés. Sauf à « l’Ecole supérieure des Beaux-arts de Cornouaille » où l’on parle, parle, parle.

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Marie est tatoueuse depuis ses 19 ans.  

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Simon tente de capter l’équilibre instable de la place de l’homme dans le paysage. Sur ses toiles, les rêves colorés d’un citoyen d’Océania (« 1984 », George Orwell). Il y pense en dormant.

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Aaaargh !

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Yohann achève d’afficher le portrait des 53 personnalités présentes au Fouquet’s ce soir là.

 

Religieux de Bordeaux

février 18, 2008

A la recherche de nouveaux mouvements religieux, je rencontre ces quelques personnages. Qu’ils soient remerciés pour leur disponibilité.

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Kent Becker arrive de Louisiane pour prêcher le créationnisme. Il pense que la terre n’a que 6000 ans et que les dinosaures ont cohabité avec les êtres humains. Et alors ?  

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Le pasteur Laurent du Temple du Hâ m’a offert un long cours de théologie de près de deux heures. Fascinant.  

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Après la messe du Bethel Ministry, un dimanche matin près des Capucins. On a chanté, on a dansé, on a prié “Papa”. Aller à la messe le dimanche matin, c’est pas vraiment ma tasse de thé. Mais ce matin là, je ne me suis pas ennuyé.