Comme Barack Obama

novembre 25, 2008

Stefano est né à Honolulu sur l’île d’Hawaï. Mais la comparaison s’arrête là parce que si leurs mères sont toutes deux américaines, le père de Stefano n’est pas kenyan, il est napolitain. Et puis Stefano ne fait pas dans la politique, il est dealer de drogue à Beverly Hills.

drug-dealer

Depuis qu’il a eu des soucis avec une bande de Mexicains, Stefano ne vend plus d’héroïne. Mais il fournit à peu près tout le reste, l’herbe constituant le plus gros de son commerce. En Californie, la vente de cannabis est légale en tant que traitement pharmaceutique Alors il s’est fourni de faux documents et se fait passer pour un grand malade, achetant au besoin quelques pochons dans la première pharmacie venue. Puis il revend ça vite fait à la jeunesse dorée de Los Angeles – grasse et boutonneuse, rien à voire avec les séries télé américaines.

Stefano fait partie de cette sorte de dealer qui vend toutes sortes de produits euphorisants et potentiellement destructeurs mais qui jamais n’en consommeraient eux-mêmes. En fait, Stefano a deux passions qui découlent l’une de l’autre : son corps et la diététique. Il faut l’entendre, au dîner, disserter sur la valeur protéique d’un filet de bœuf et de sa teneur en sel. Son alimentation est donc l’objet d’une extrême attention, il entretien son corps avec des exercices physiques quotidiens et ne s’autorise aucun écart. Son seul péché : la cocaïne. Et encore, c’est occasionnel.

La troisième passion de Stefano, c’est l’argent. Il achète et vend des parts de sociétés cotées et quoique son commerce l’oblige à parcourir inlassablement les quartiers chics de Los Angeles il garde toujours un œil sur l’évolution des cours mondiaux. Son moral va toujours de pair avec les bénéfices qu’il empoche. Finalement, c’est un garçon assez facile à cerner : il précise toujours sur son statut facebook s’il vient de réaliser une belle transaction. Son domaine d’investissement, c’est l’économie verte. Il y croit vachement. Dans un avenir idéal, Stefano se voit empereur de champs d’éoliennes et de panneaux solaires couvrant à perte de vue les immenses plaines des Etats-Unis. Un jour que je doutais que de la volonté des Américains à accepter d’abandonner leurs grands espaces pour les couvrir avec tout ce bazar, il m’a répondu que « If they don’t want it, I’ll make them do it anyway ». L’insolence de la jeunesse ? Stefano n’a que 22 ans.

Sur son téléphone, il conserve une photo de son relevé bancaire. Il montre aux filles qui lui plaisent qu’il dispose de 21 556,34 dollars. Quand Stefano aura atteint les 500 000, il pense partir s’installer en Espagne. A Cadiz vraisemblablement.

Laisser un commentaire